Non, la saga du Mont-Orford n’est pas terminée

mardi 7 février 2012 par Hubert Simard

Malgré l’affirmation contraire d’élus, deux raisons permettent de fonder cette affirmation. La station touristique vit à crédit sur de l’argent à emprunter et un nouveau projet de station de villégiature se présente comme la solution à la pérennité de la station de ski et du terrain de golf.

Une situation financière précaire

Premièrement, la station touristique n’a pas suffisamment de liquidités pour terminer la saison sans avoir à s’endetter. Après plusieurs années aux frais du gouvernement, qui a absorbé le déficit d’opérations le temps d’organiser son retrait, l’opération de la station touristique est maintenue temporairement par la MRC de Memphrémagog par l’intermédiaire d’un organisme sans but lucratif.

La durée de cette prise en charge dépend de deux facteurs. Le scénario privilégié est celui d’une opération sur la base d’un budget équilibré. Malheureusement, la première saison, sous ce nouveau régime, est à ce point mauvaise qu’un déficit est prévisible. L’effort de collecte de fonds par le Fonds de relance de la station touristique du Mont-Orford en décembre dernier n’a pas donné les résultats escomptés.

Le scénario de repli consiste à emprunter sur la valeur des équipements transmis par le gouvernement à la MRC pour obtenir des liquidités. Ce scénario vient d’être validé par la municipalité du Canton d’Orford dont le maire, Pierre Bastien est également le trésorier de la station touristique. Le conseil de la municipalité vient d’adopter, sur division, une résolution pour cautionner un emprunt de l’organisation au montant de 500 000 $.

On peut déduire de l’initiative du maire du Canton d’Orford que :

  • le scénario de budget équilibré ne se vérifie pas
  • les banques ne reconnaissent pas les seules installations de la station touristique comme garantie de prêt
  • les municipalités de la MRC ne sont pas solidaires au point d’assumer conjointement la garantie de prêt
  • ce n’est qu’une question de temps avant que la corporation ne dépose son bilan et que la MRC se retire du projet.

Les élus se positionnent pour pouvoir passer le cap des élections municipales de novembre 2013 avant de prendre des décisions difficiles. Il est clair, depuis le début du processus de dernier recours par la MRC, que les élus n’ont pas l’intention de mettre la population de la région à contribution par la voie de la fiscalité municipale.

De plus, le modèle municipal est très contraignant pour la gestion d’un équipement de nature commerciale. Au conseil de la MRC, les municipalités opposées à la prise en charge de la station touristique au niveau régional peuvent se désister en tout temps. On se souviendra que la station de ski Montjoye a été abandonnée par ses actionnaires municipaux et démantelée après avoir été vendue par la Ville de Sherbrooke.

Un nouveau projet privé de relance de la station touristique

Deuxième raison, un partie de la population et des promoteurs continuent de rêver à la mise en valeur de la station touristique. C’est dans la génétique du parc. En lançant sa campagne pour la création du parc, en 1920, le docteur et maire de Magog, George Austin Bowen, rêvait de conservation de la nature, d’activités de plein air pour améliorer la santé de la population et d’emplois dans le domaine du tourisme.

Un nouveau projet privé de « station de villégiature quatre saisons » commence à cheminer dans les officines régionales et gouvernementales et dans divers milieux. Le promoteur mise sur une connaissance approfondie des enjeux conflictuels soulevés par les tensions entre développement économique et conservation de l’environnement au cours des dernières années.

L’originalité du projet véhiculé par Michel Verville est que la conservation du milieu naturel et de l’environnement du parc constitue un préalable à la conception du projet. Il s’engage à ne couper aucun arbre. Le bâtiment principal serait construit sur les fondations des bâtiments existants… Le projet répondrait à une liste de normes reconnues internationalement de manière à réduire au minimum l’empreinte écologique du projet.

Est-ce qu’un tel projet vert permettrait d’engendrer un consensus entre environnementalistes et gens d’affaires autour d’un projet de développement durable ?

C’est difficile à envisager mais une discussion intelligente sur cette base ne peut que faire avancer le principe même du développement durable sur lequel tout le monde s’entend sans nécessairement partager les mêmes valeurs.


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