Semaine 31, 2010-05-17

La coopérative se retire de la course
mardi 18 mai 2010 par Hubert Simard

Le mardi 18 mai 2010

Le dimanche 16 mai, 130 membres de la Coopérative de solidarité du Mont-Orford se sont réunis pour se prononcer sur la participation de l’organisme à l’appel d’offres pour l’achat des installations de la station touristique.

Il a été résolu, à l’unanimité, sur présentation d’une proposition du Conseil d’administration, de ne pas déposer de soumission pour l’échéance du 28 mai. Le CA conserve le mandat de suivre l’évolution du dossier en cas de modifications à l’appel d’offres.

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Communiqué COOP

Quatre résolutions ont été adoptées au cours de la même assemblée. Ces résolutions fixent les bases d’une éventuelle participation de la coopérative à une éventuelle deuxième ronde en l’absence de soumissionnaires qui répondent aux critères de l’appel d’offres.

  • des prêts sans intérêt du gouvernement pour la mise à niveau des installations sur une base de 10 ans ;
  • le paiement de la caution de 4 M $ par les municipalités avec rétrocession des installations à la MRC en cas de défaut ;
  • mobilisation financière du milieu et concessions salariales avec révision de l’organisation du travail ;
  • fonds régional de relance pour un projet quatre saisons.

Mont-Orford, la saga a fait la demande d’enregistrer cette assemblée et cette demande lui a été refusée, les journalistes n’étant pas admis.

« La Coopérative du Mont-Orford rend les armes » est le titre de l’article de Jean-François Gagnon dans La Tribune.

On apprend, de la part de Bertrand Larivée, président de la coopérative, que l’obligation de mise à niveau des bâtiments au coût de 12 M $ a été le facteur déterminant de l’abandon dela participation à l’appel d’offres. Il dévoile, également, l’association de Groupe Soroma, le gestionnaire actuel avec le promoteur Vertendre. La coopérative recherchait une collaboration avec Groupe Soroma pour obtenir les qualifications nécessaires en expertise de gestion.

La mairesse de Magog, Vicki May Hamm, n’est pas surprise. Elle évoque, toutefois, l’éventualité d’un plan B où on pourrait faire appel à la coopérative.

De son côté, le chroniqueur Luc Larochelle, commente la nouvelle sous le titre « La solidarité attendra » en référence à sa chronique précédente, « L’urgence attendra ». L’auteur, avec une pointe d’agacement, dénonçait « la mélasse parlementaire » dans l’étude du projet de Loi 90. D’ailleurs, la commission parlementaire poursuit l’étude du projet de loi article par article, ce mardi.

Observateur de longue date des enjeux du Mont-Orford, il note que le « déficit de solidarité », notamment de la part du milieu commercial, a nui à la coopérative. Il évalue que la coopérative tout comme les autres investisseurs potentiels n’a pas les moyens de s’engager dans un projet aux vices cachés. Finalement, tout le monde aurait intérêt à laisser passer l’appel d’offres de manière à ce que la région prenne en charge les installations et passe à un plan B. La région voudra négocier des arrangements avec le gouvernement, notamment pour le déficit de la prochaine saison. Dans ce contexte, la coopérative pourrait devenir la solution de dernier recours pour le sauvetage de la station touristique.

En soirée, la commission parlementaire a terminé l’étude article par article du projet de Loi 90 et de ses amendements vers 21 h 30. La ministre Beauchamp a annoncé que la date butoir de l’appel d’offres serait décalée de six semaines, passant ainsi du 28 mai au 9 juillet. La période de dernier recours qui permettra à la région de travailler au montage d’une tentative ultime de sauvetage des installations n’est pas augmentée. Le gouvernement accorde un sursis maximum de 4 mois à la région avant de procéder au démantèlement. La ministre souligne que le gouvernement continuera d’assumer les frais de la station touristique au cours de cette période. Les frais devraient être de l’ordre de 500 000 $. Elle ne commentera pas le retrait de la coopérative de l’appel d’offres en raison du processus en cours.

En conséquence, le sort de la station touristique devrait être scellé autour du 9 novembre, à quelques semaines de l’ouverture de la saison de ski vers la mi-décembre.

Le mercredi 19 mai 2010

La station de ski Montjoye est vendue à la municipalité de Canton de Hatley pour un montant de 899 000 $. La Ville de Sherbrooke avait vendu la propriété pour un montant de 526 000 $ en 2009 à Serge Couture, qui a investi un montant substantiel pour la relance de la station de ski. La vente comprend 150 acres de terrain et les bâtiments qui serviront à des fins municipales. Les installations de ski sont exclues de cette vente. Selon Jean-François Gagnon, de La Tribune, le propriétaire, Serge Couture, donne un dernier délai d’un mois pour la vente des installations à un éventuel opérateur qui assurerait la relance de la station de ski après avoir négocié un bail avec la municipalité. La seule organisation qui montre encore de l’intérêt pour ce projet est le regroupement d’usagers qui cherche à former une coopérative pour l’achat et l’opération des installations de ski.

Il reste encore à passer l’étape de l’approbation du règlement d’emprunt par la municipalité. Des citoyens pourraient demander un référendum sur ce projet.

La MRC de Memphrémagog

Le conseil de la MRC de Memphrémagog a siégé en soirée.

Audio - MRC de Memphrémagog. Dossier Orford et période de question des citoyens. 2010-05-19

Le dossier Orford est à l’ordre du jour. Le préfet, Gérard Marinovich fait rapport de la présentation de la MRC à la commission parlementaire sur la Loi 90 concernant le parc national du Mont-Orford. À la suite de cette présentation et, à la demande de la ministre Beauchamp, la MRC a transmis, le 6 mai, un mémoire complémentaire sur le dossier des liens entre les développements immobiliers et le Mont-Orford. Les élus ont également participé à une rencontre avec Pauline Marois et les membres du PQ à la commission parlementaire. Le directeur général, Guy Jauron fait état des dernières informations dans le cadre du débat à la commission parlementaire avec la nouvelle du report de six semaines de l’échéance de l’appel d’offres. Le rapport de la commission a été déposé à l’Assemblée nationale et le projet de Loi devrait être adopté en début de la prochaine semaine.

La MRC a procédé à l’adoption d’un règlement qui mandate le CLD de Memphrémagog pour La création et la gestion du Fonds de relance de la station touristique du Mont-Orford.

À la période de question du public, Mont-Orford, la saga pose la question suivante :

Compte tenu du report de l’échéance de l’appel d’offres au 9 juillet et du désistement de soumissionnaires potentiels, est-ce que la MRC va préparer un plan B dans l’éventualité de l’absence de soumissions. Le gouvernement accorde à la MRC un délai de 4 mois pour un dernier recours. Le préfet répond que la MRC avait demandé un délai de 12 mois, que les élus prennent connaissance des nouveaux délais et qu’ils se réuniront après l’échéance du 9 juillet pour faire le point.

Sur le projet de fonds de relance, la question vise à savoir si la ministre a été plus réceptive au deuxième projet de financement du fonds de relance que lui a transmis la mairesse Hamm au mois d’avril. On veut également savoir si ce projet fera l’objet d’une présentation publique avec l’objectif de répondre aux questions des citoyens sur ce sujet.

Mme Hamm répond que le projet n’est pas encore complété mais qu’il est plus facilement recevable que le premier. Il sera alimenté par cinq sources de financement et l’objectif est de faire participer les principaux intéressés par les retombées économiques de la station touristique. Un comité de gens d’affaires travaille ce projet et une annonce sera faite prochainement.

Le citoyen Pierre Dépôt poursuit la question de la consultation publique sur le fonds de relance. Le préfet Marinovich répond que les 5 sources de financement sont en voie d’être consultées. Mme Hamm ajoute que si la population n’est pas consultée, c’est qu’elle ne sera pas appelée à contribuer au financement du fonds de relance.

Le citoyen Jean-Guy Dépôt, ex-président du Conseil régional en environnement de l’Estrie et membre du Comité de parrainage de la relance de la station touristique proteste contre une allusion non nominative, dans le mémoire de la MRC, au fait qu’il serait pour la fermeture de la station de ski.

« Tous, à l’exception d’un représentant du milieu environnemental dont les intentions avouées publiquement sont de fermer la station de ski, ont donné leur accord aux recommandations incluant les liens hors parc afin de faciliter la relance de la station. » [1]

À l’occasion de la période de question de l’assemblée du Conseil de la MRC du 20 janvier 2010, il a pu donner cette impression mais, il s’est exprimé contre l’utilisation de taxes locales pour le financement du fonds de relance, avec un point de vue pessimiste sur l’avenir de la station de ski, compte tenu des perspectives climatiques et démographiques.

Audio - MRC de Memphrémagog. Dossier Orford et période de question des citoyens. Intervention de Jean-Guy Dépôt 2010-01-20

Il fait maintenant la promotion du point de vue de la Coopérative de solidarité du Mont-Orford et demande aux maires et aux gens d’affaires de devenir membres de la coopérative.

Le jeudi 20 mai 2010

Les commentaires de différents intervenants sur la fin de la commission parlementaire sont rapportés par Jean-François Gagnon de La Tribune. Le député Pierre Reid explique le mécanisme prévu par les amendements au projet de loi pour traiter les projets de liens entre les projets de développement immobilier et le Mont-Orford. Il faudra passer par un processus de consultation accompagné d’une étude d’impact. La consultation se fera au niveau de la MRC. Le promoteur devra obtenir le feu vert de l’opérateur de la station de ski et de la MRC. Le ministre responsable aura le dernier mot.

Le député du PQ, Étienne-Alexis Boucher, déplore que le gouvernement n’ait pas accédé à la demande de l’opposition d’étendre le délai pour la période de dernier recours à 6 mois au lieu des 4 mois prévus. La mairesse Hamm se réjouit de l’extension du délai pour les soumissions jusqu’au 9 juillet. Alain Chagnon, de Vertendre, le seul promoteur immobilier à avoir exprimé son intérêt pour un lien mécanique semble satisfait des procédures d’autorisation.

De son côté, le chroniqueur Luc Larochelle, sous le titre « Ceci n’est pas une pub ! ». livre ses réflexions sur un échange avec l’auteur de ces lignes. Je lui demandais s’il n’était pas mal à l’aise avec la citation d’une de ses chroniques en page d’accueil du site du promoteur Le Vertendre.

Avec humour, il donne du crédit au travail d’information de Mont-Orford, la saga : « Le site internet qu’Hubert Simard alimente de ses réflexions (www.orfordsaga.ca) stimule les neurones. Mais j’arrête ici de le vanter, de crainte qu’il soit tenté, lui aussi, de m’utiliser pour sa mise en marché. »

Avec sérieux, il consulte son collègue Steve Bergeron, reconnu pour son sens de l’éthique : « Tant qu’il n’y a pas d’utilisation malhonnête, qu’un extrait reflète l’esprit général de mon texte, ça va. Il ne faut pas faire d’une opinion, une généralité. Le lecteur n’est jamais dispensé de son obligation de raisonner et de réfléchir. Croire le contraire est une grave erreur ».

La discussion publique d’une question d’apparence de collusion permet, parfois, de remettre les choses en perspective et de faire progresser l’opinion publique. 1-0 pour la transparence à La Tribune vs Le Reflet du Lac. N.D.L.R

Le vendredi 21 mai 2010

Jean-François Gagnon de La Tribune sonde l’humeur de SOS Parc Orford à la suite de l’adoption du rapport de la commission parlementaire. Le verdict : « SOS Parc Orford satisfaite de la dernière mouture ». La réintégration des 459 hectares n’a pas été remise en question. C’était la revendication centrale au cœur de la mission de la coalition. Elle pourra crier victoire dès que la loi sera votée au cours de la semaine prochaine.

Il y avait tout de même certaines inquiétudes. On craignait :

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Zonage Parc Mont-Orford

-* une trop grande ouverture au zonage de récréation intensive. qui n’est pas permis normalement par la Loi sur les parcs. La décision de limiter ce type de zonage à 390 hectares est rassurante, bien que l’ajout de liens pourrait augmenter les surfaces ;

  • la multiplication des liens sans égard aux impacts cumulatifs. Une modification a été ajoutée pour combler cette lacune. La compréhension est que la démonstration doit être faite que les liens contribuent à la pérennité de la station de ski

L’obligation d’une consultation publique par la MRC de Memphrémagog est accueillie avec tiédeur, la préférence allant plutôt du côté du BAPE.

Le projet de monorail de Vertendre demeure sous surveillance. Il nécessite la traversée d’une zone de conservation du parc.

Robert Benoit ex député d’Orford souligne l’importance stratégique de l’adoption de ce projet de loi avant la fin de la session. Avec les perspectives de remaniement ministériel, le dossier aurait pu s’éterniser.

Le samedi 22 mai 2010

Le député d’Orford, Pierre Reid a tenu une conférence de presse vendredi. Il cherche à stimuler l’investissement de la région dans le fonds de relance de la station touristique du Mont-Orford tout en mettant en évidence la contribution du gouvernement à son maintien et à son développement au fil des 30 dernières années. Cette contribution atteindrait jusqu’à 40 M $, selon ce que rapporte Jean-François Gagnon de La Tribune, alors que Vincent Cliche, du Reflet-du-Lac, fait mention d’un montant de 61 M $. Les factures continueront d’être payées jusqu’au bout du processus, dont la date butoir est le 9 novembre, si la MRC se prévaut de son droit de dernier recours en l’absence de soumissionnaire.

Jean-François Gagnon met en évidence des scénarios qui commencent à se profiler dans la situation de plus en plus probable où il n’y aura pas de soumissionnaire. Même si la station de ski cesse d’être exploitée, le télésiège hybride central qui conduit au sommet du Mont-Orford pourrait continuer d’être opéré. De plus, l’exploitation de la station de ski pourrait être séparée de celle du terrain de golf.

[1Mémoire sur le projet de loi no 90 – MRC de Memphrémagog p. 14


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