Le compte à rebours se poursuit

Semaine 44, 2010-02-15

Vicki May Hamm prend le leadership : position de principe en faveur de la coopérative
jeudi 18 février 2010 par Hubert Simard

Lundi, 15 février 2010 Magog prend une position de principe favorable à la Coopérative de solidarité du Mont-Orford.

Jusqu’à ce jour, la mairesse Vicki May Hamm était demeurée discrète sur sa vision de la relance de la station de ski du Mont-Orford. Des démarches de recherche de solutions étaient invoquées.

Ce lundi, une position de principe a été adoptée à l’unanimité par le conseil municipal de la Ville de Magog.

La Tribune et Le Reflet-du-Lac ont fait état de cette position. La Tribune consacre la page 3 à cette nouvelle qualifiée par Jean-François Gagnon de « rebondissement inattendu dans la saga du Mont-Orford ».

Essentiellement, la mairesse justifie sa position par une vision lucide des enjeux de la relance de la station de ski. La ministre Beauchamp, au cours de la réunion de la mi-décembre avec les élus Vicki May Hamm, Pierre Bastien et Gérard Marinovich a clairement mis fin aux velléités de relance du débat sur le développement immobilier des terrains du Mont-Orford. Les 459 hectares seront réintégrés au parc national du Mont-Orford.

L’expérience passée et les perspectives de rationalisation de l’industrie du ski conduisent à poser le jugement qu’une prise en charge profitable et assurant la pérennité de la station de ski par l’entreprise privée n’est tout simplement pas possible.

La mairesse Hamm écarte également la solution d’une régie intermunicipale. L’expérience récente de l’échec de cette solution dans le cas de la station de ski Montjoye rend ce scénario invendable. De toute manière, aucune municipalité n’est prête à s’enfermer dans le rôle de gestionnaire d’un déficit de coûts d’opération.

Le dernier scénario, celui de l’organisme à but non lucratif, représenté par la Coopérative de solidarité du Mont-Orford, devient le plus plausible et celui qui a le plus de valeur politique. D’une part, la coopérative a réussi à se constituer une base de 1 000 membres qui ont investi dans l’achat de parts à 200$. D’autre part, cela permet à la mairesse d’interpeller la communauté d’affaires et de la mettre au défi de réussir un projet coopératif bénéfique à la communauté d’affaires et à l’ensemble de la communauté.

Conseil municipal de la Ville de Magog du 15 février 2010. Résolution d’appui unanime au principe de la solution coopérative.

_ Audio Présentation de Vicki May Hamm et période de questions.

Présent au cours de l’assemblée, le président de la coopérative de solidarité, Bertrand Larivée, exprime sa satisfaction.

La mairesse Hamm profite de l’occasion pour clarifier sa position à l’égard de la réintégration des terres à l’intérieur du parc national du Mont-Orford. Au cours des débats, en campagne électorale, elle s’était déclarée ouverte à la réintégration, puis elle avait reculé à la suite d’une rencontre avec des intervenants favorables à la relance des discussions sur le développement immobilier. Elle place la responsabilité de la décision au niveau gouvernemental « c’était le seul consensus régional, selon eux ». Elle déclare à La Tribune (2010-02-17 Québec réintégrerait les terres exclues du parc, J. F. Gagnon) : « On a choisi d’arrêter de discuter de cet enjeu-là, indique-t-elle. Ce n’est pas un débat qu’on a le goût de ramener sur la place publique. De toute façon, la MRC a déjà pris position en faveur de la réintégration des terres. »

Mercredi le 17 février Le préfet de la MRC de Memphrémagog, Gérard Marinovich est surpris de la position de la Ville de Magog.

L’assemblée de la MRC de Memphrémagog a lieu deux jours après l’assemblée de la Ville de Magog. Le préfet de la MRC a été avisé de la position de la Ville de Magog mais celle-ci n’a pas fait l’objet de discussions entre les membres du conseil de la MRC.

On apprend qu’il n’y a pas de « plan de match » de la MRC pour faire face à la vente des installations du centre de ski. Un comité de travail doit rencontrer les gens d’affaires au début de la semaine prochaine. On tente de convaincre la ministre d’inclure des mesures dans l’appel d’offre telles que l’obligation d’opération des installations pour éviter le démantèlement et le droit de préemption. La ministre ne doit pas attendre d’autres positions de la part de la MRC.

Audio Questions au Conseil de la MRC de Memphrémagog du 17 février 2010.

La réaction des intervenants de la région, à l’exception de la Coopérative de solidarité et de ses partisans, est une réaction « d’étonnement ». C’est la formule consacrée en politique pour signifier qu’on n’a pas été partie prenante à la démarche, qu’on ne partage pas le point de vue exprimé, mais qu’il a suffisamment de poids pour ne pas se risquer à le dénoncer. En d’autres mots, la mairesse Vicki May Hamm assume le leadership de la ville centre qui représente la majorité de la population de la MRC de Memphrémagog.

Vicki May Hamm interpelle les milieux d’affaires. La Chambre de commerce est embêtée. Le président de la CCIMO, Guy Plante, ne veut pas prendre position avant le dépôt de l’appel d’offre. Il lance tout de même que la « coopérative est le projet le plus intéressant présenté jusqu’à maintenant. En devenant membres, les commerçants auraient leur mot à dire sur le développement. C’est mobilisateur comme approche. » (La Tribune 17 février). Le maire Pierre Bastien du Canton d’Orford, tout en étant mal à l’aise avec cette prise de position à la veille de la publication de l’appel d’offre, reconnaît que c’est « un bon véhicule pour la communauté » (La Tribune 18 février). Le Canton d’Orford avait déjà donné son appui à la coopérative il y a deux ans. Le député Pierre Reid, de son côté, serait bien content si la coopérative gagnait mais il est d’abord préoccupé par le nombre d’offres pour les installations.

Jeudi le 18 février L’avenir de la station de ski Montjoye se compte en jours plutôt qu’en semaines.

La Tribune relance le dossier de la station de ski Montjoye en page couverture et en page 3. « Le décompte est commencé, Le proprio de Ski Montjoye se donne 45 jours pour vendre, "sinon, je démentèle" ». La situation est vraiment floue. L’achalandage est en augmentation et la station de ski pourrait terminer la saison avec un achalandage de 90 000 jours ski. Le propriétaire fait pression pour obtenir des modifications au zonage de manière à augmenter le potentiel immobilier. Un scénario déjà vu du côté d’Orford. Le maire Levac du Canton de Hatley évalue toutes les possibilités pour garder le centre de ski ouvert. Un partenariat avec un opérateur de station de ski pourrait être une solution.

Audio Entrevue avec Pierre Levac, maire du Canton de Hatley, sur le dossier de la station de ski Montjoye.

Le Canton de Hatley a mis en place un blogue pour ouvrir le dossier à la discussion. La page Facebook Contre la fermeture définitive du centre de ski Montjoye compte 4 797 abonnés.

Dans une entrevue avec le propriétaire, Serge Couture, le journaliste Roger Laroche, auteur du site Carnet du ski, confirme que le les équipements de Montjoye font déjà l’objet de propositions d’achat. Par contre, Serge Couture se dit disponible pour assister la municipalité de Canton de Hatley si celle ci veut s’engager dans le maintien de la station de ski.

En comparant le dossier de la station de ski Montjoye avec celui du Mont-Orford, Roger Laroche émet la réflexion suivante :

« Mis en perspective avec l’épineux dossier d’Orford, celui de Montjoye risque de connaître une meilleure conclusion si les discussions déjà bien engagées avec la municipalité se concrétisent d’ici l’échéancier du 31 mars. Il est tout de même minuit moins 5 alors qu’à Orford on ne cesse de reporter les pendules. »

L’échéance du 31 mars n’est pas un caprice du propriétaire. C’est le début de la période de vente des passes de saison. Est-ce que la station de ski du Mont-Orford sera autorisée à mettre ses passes de ski pour la saison 2010-2011 ?

Les médias nationaux recommencent à s’intéresser au dossier du Mont-Orford. Entrevues avec Vicki May Hamm et Guy Plante de la CCIMO à la télévision de Radio Canada.

Vendredi, le 19 février Marc Bellemare veut voir le plan d’action de la Coopérative de solidarité du Mont-Orford

Représentant syndical des employés de la station de ski du Mont-Orford et administrateur du Fonds régional de solidarité de la FTQ, Marc Bellemare est partagé entre l’intérêt de trouver un investisseur motivé à placer plusieurs dizaines de millions de dollars dans la relance de la station de ski et la nécessité d’organiser la coopération de l’ensemble des intervenants de la région. (La Tribune 2009-02-19 Relance de la station Mont-Orford, Bellemare veut en savoir plus sur la coopérative, Jean-François Gagnon)

On comprend que la capacité de payer des salaires plus élevés que la moyenne des salaires de l’industrie serait plus facile à rencontrer avec une grande corporation qu’avec une coopérative de solidarité où les travailleurs de la station de ski seraient appelés à contribuer avec une mise à niveau des salaires. C’était le fondement de la confrontation avec André L’Espérance, le dernier propriétaire de la station de ski.

Il insiste, également, pour que la ministre Beauchamp valide le concept du lien entre le Mont-Orford et le projet de développement de Vertendre à Eastman. On peut aussi poser la question de savoir si le promoteur Vertendre est assuré d’un meilleur financement que le projet de coopérative.

Par ailleurs on annonce une entente de principe entre la station de ski du Mont-Orford et le syndicat (SCFP-FTQ) qui représente 400 employés composés surtout de moniteurs et de préposés à la billetterie.

L’entente prendra fin à la mi juillet et elle devrait être renégociée avec le nouveau propriétaire des installations de la station de ski qui devraient être mises en vente à la fin du mois de février.

« Nous aurons alors à renégocier un nouveau contrat de travail avec le nouveau propriétaire. Mais ça ne devrait pas poser de problèmes. Tout ce qu’on souhaite, c’est que le Mont-Orford soit dynamique et qu’il soit rentable pour qu’on puisse conserver nos emplois », précise le conseiller syndical Michel Murray. (Rue Frontenac, Mont-Orford s’entend avec ses 400 employés, 2010-02-20, Yvon Laprade).

On peut parier que l’enjeu de la masse salariale fera partie des négociations pour la relance de la station de ski. Le gouvernement a acheté la paix syndicale au cours des deux dernières années en remboursant le déficit d’opération. Tout a été fait pour éviter que les employés de la station de ski deviennent des employés de l’État. Si les salaires sont vraiment plus élevés que ceux de la moyenne de l’industrie du ski, aucun propriétaire ne voudra affronter la concurrence dans les conditions actuelles. Ce sera intéressant de voir le comportement du Fonds de solidarité de la FTQ dans ce contexte. On verra ce que l’appel d’offre nous apprendra sur ce sujet.

Samedi le 20 février La chronique de Luc Larochelle de La Tribune, p.5

Sous le titre provocateur « Combien vaut l’esprit coopératif », Luc Larochelle évalue le potentiel financier de la Coopérative de solidarité du Mont-Orford. Les liquidités de l’organisme sont de 126 988 $.

C’est peu pour financer l’acquisition d’installations qui valent plusieurs millions de dollars. Larochelle prévoit que le gouvernement fera cadeau des installations à la région sans autre forme de financement de manière à éviter la confrontation avec les autres stations de ski de la région.

Le principal enjeu de l’appel d’offre sera l’obligation d’opérer la station de ski pour une période déterminée. Une condition que la Ville de Sherbrooke n’a pas imposée dans le cas de la station Montjoye qui fait face au démantèlement après l’opération pendant une seule saison.

La coopérative devrait donc faire face au financement du déficit d’opération ainsi qu’au financement des immobilisations nécessaires pour la relance de la station de ski que le comité de parrainage avait évalué à 23 millions de dollars. Au minimum, la coopérative devrait trouver des sources de financement de l’ordre de 500 000 $ à 1 000 000 $ par an.

La coopérative a travaillé un plan d’affaires qu’elle ne veut pas rendre public avant le dépôt de l’appel d’offre.

Luc Larochelle termine en posant la question : « la foi dans le mouvement coopératif est-elle assez grande pour convertir des intentions en argent sonnant ? »

C’est effectivement le défi auquel feront face non seulement la coopérative, mais également les milieux d’affaires et les municipalités.


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